secte


secte

secte [ sɛkt ] n. f.
XVIe; sete v. 1250; siecte « doctrine » XIIe; lat. secta, de sequi « suivre »
1Groupe organisé de personnes qui ont la même doctrine au sein d'une religion. Membre d'une secte. adepte, sectateur. Sectes religieuses. Les grandes sectes de l'islam. Une secte hérétique. Les Quakers, secte des Mormons. « des sectes bizarres, qui s'efforcent de s'ouvrir des chemins extraordinaires vers le bonheur éternel » (Tocqueville).
2Spécialt Communauté fermée, d'intention spiritualiste, où des guides, des maîtres exercent un pouvoir absolu sur les membres. Les religions luttent contre les sectes. Sectes d'inspiration orientale. La secte Moon. Le gourou de la secte.
3(1630) Vx Ensemble de personnes qui professent une même doctrine. école. Sectes philosophiques de l'Antiquité.
Mod. et péj. Coterie, clan. chapelle. « Bien que l'art ne soit pas une religion, la secte obéit [...] à la définition même de la foi » (Malraux).

secte nom féminin (latin secta, de sequi, suivre) Ensemble de personnes professant une même doctrine (philosophique, religieuse, etc.) : La secte d'Épicure. Groupement religieux, clos sur lui-même et créé en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes. Clan constitué par des personnes ayant la même idéologie : Ce petit groupe constituait une secte à l'intérieur du parti.secte (synonymes) nom féminin (latin secta, de sequi, suivre) Clan constitué par des personnes ayant la même idéologie
Synonymes :

secte
n. f. Groupe de personnes, notam. d'hérétiques, qui, à l'intérieur d'une religion, professent les mêmes opinions particulières.
|| Mod. Groupe idéologique et mystique dont les membres vivent en communauté, sous l'influence d'un guide spirituel.

⇒SECTE, subst. fém.
A. — Vieilli ou hist. Ensemble de personnes qui se réclament d'un même maître et professent sa doctrine philosophique, religieuse ou politique, ses opinions. Synon. école. Secte épicurienne, péripatéticienne, philosophique, platonicienne, pythagoricienne, stoïcienne; secte de César. Avez-vous embrassé la secte d'Épicure, Celle de Pythagore ou du divin Platon? (FLORIAN, Fables, 1792, p. 133). Thalès, fondateur de la secte ionique, reconnoissoit l'eau comme principe universel (CHATEAUBR., Génie, t. 1, 1803, p. 106).
B. — 1. Domaine relig. [P. oppos. à Église] Souvent péj. Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle. Secte bouddhique, chrétienne, janséniste, juive, orthodoxe, protestante; secte des anabaptistes, des cathares, des donatistes, des mormons, des quakers, des témoins de Jéhovah; sectes de la Grèce, de l'Inde, de l'Orient. S'il était nécessaire qu'il y eût dans un état plusieurs religions positives, il ne l'était pas moins d'empêcher que les sectes tolérées ne produisissent, en se subdivisant, de nouvelles sectes (CONSTANT, Princ. pol., 1815, p. 129). Chez les peuples protestants, il y a d'autant plus d'ardeur morale que l'Église établie est plus fortement battue en brèche par les sectes dissidentes (SOREL, Réflex. violence, 1908, p. 320). V. adventiste ex. 1 et dissidence ex. 2.
En partic., souvent péj. Organisation d'inspiration religieuse ou mystique (voire politique), dont les membres vivent en communauté et sous l'influence d'une ou plusieurs personnes. Secte Moon; chef, maître de la secte; danger, emprise, nocivité des sectes; méthode d'endoctrinement, de pouvoir, de recrutement d'une secte. Ne prélevant aucune taxe, n'acceptant aucune donation, cette secte échappe aux scandales financiers courants chez les autres nouvelles sectes (Philos., Relig., 1957, p. 54-14). Une fois entré en secte, l'adepte perd toute personnalité. Transes collectives (...). Mais cela peut aller jusqu'au suicide collectif, comme pour la tristement célèbre secte du Temple de Dieu (Missi, 3 mars 1986, n ° 478, p. 79).
2. P. ext.
a) Péj. ,,Tout groupe idéologique clos qui suit un leader dissident de la doctrine générale et qui se caractérise par le fanatisme et l'intolérance de ses membres`` (MUCCH. Sc. soc. 1969). Synon. chapelle, clan, coterie, parti. Secte anarchiste, socialiste. Peu à peu, l'anarchie (...) différait simplement des autres sectes socialistes par sa volonté de tout abattre pour tout reconstruire (ZOLA, Travail, t. 2, 1901, p. 335). V. fanatique ex. 1.
b) Ensemble minoritaire de personnes ayant un trait commun (physique, intellectuel ou autre) qui les différencie des autres. Synon. clan. Le club Mensa se donne pour mission de rassembler les gens les plus intelligents du monde. Quelles épreuves faut-il surmonter pour y entrer? (...) C'est ce que Jean-Claude Lamy a demandé au pétulant secrétaire général de cette secte des « grosses têtes », Victor Serebriakoff (Réalités, août 1966, p. 33).
c) Locutions
(Avoir l')esprit de secte. (Avoir l')esprit étroit et fanatique, (montrer de l')intolérance. Les économistes ont fait du mal en fesant [sic] supposer par leur esprit de secte (...), par leur ton d'inspiration, que tous ceux qui s'occupaient de semblables recherches, n'étaient que des rêveurs dont les théories (...) étaient inapplicables dans la pratique (SAY, Écon. pol., 1832, p. 25). [Ferguson] entend bien se maintenir exempt de tout esprit de secte, et (...) prendra dans toutes les écoles ce qui lui paraîtra raisonnable et vrai (COUSIN, Philos. écoss., 1857, p. 503).
Faire secte (vieilli). Se distinguer des autres par des opinions singulières; recruter des partisans enthousiastes. Ce système [que l'odorat et le goût ne forment qu'un seul sens] peut être rigoureusement défendu; cependant, comme je n'ai point la prétention de faire secte, je ne le hasarde que pour donner à penser à mes lecteurs (BRILLAT-SAV., Physiol. goût, 1825, p. 142).
Prononc. et Orth.:[sekt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1155 siecte « doctrine religieuse ou philosophique » (WACE, Brut, éd. I. Arnold, 6776); ca 1316 secte (GEFFROY DE PARIS, Chronique métrique, éd. A. Diverres, 3663); 2. 1230-50 setes « groupe de personnes qui ont une même doctrine au sein d'une religion » (Légende de l'Antéchrist, Version anonyme, éd. E. Walberg, 621, p. 22); 1525 secte lutherienne (Le Conseil de l'Archevêque de Lyon à Noël Beda, Herminjad, I, p. 323 ds RICHARD, p. 34); 3. 1549 secte de poëtes (DU BELLAY, Deffence et illustration de la langue francoyse, éd. H. Chamard, 273); 4. 1616 faire secte à part « se distinguer des autres par des opinions singulières » (D'AUBIGNÉ, Hist., II, 282 ds LITTRÉ). Empr. au lat. secta « ligne de conduite, suite, parti, secte, école », de sequi « suivre ». Fréq. abs. littér.:785. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 2 347, b) 650; XXe s.: a) 600, b) 625. Bbg. DUB. Pol. 1962, p. 417. — RICHARD (W.) 1959, p. 34.

secte [sɛkt] n. f.
ÉTYM. V. 1300; siecte, v. 1155; lat. secta, de sequi « suivre ».
1 Hist. relig. Groupe organisé de personnes qui ont une même doctrine au sein d'une religion. || Membre d'une secte. Adepte, sectaire (I., 1., vx), sectateur. || Les sectes d'une église, d'une religion; des sectes religieuses. Communion, église. || Sectes juives, protestantes. || Sectes hérétiques. Hérésie. || Sectes des religions d'Orient, d'Extrême-Orient. Religion (supra cit. 23).
1 Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l'erreur. Scotistes, thomistes, réaux, nominaux, papistes, calvinistes, molinistes, jansénistes, ne sont que des noms de guerre.
Il n'y a point de secte en géométrie; on ne dit point un euclidien, un archimédien.
Quand la vérité est évidente, il est impossible qu'il s'élève des partis et des factions. Jamais on n'a disputé s'il fait jour à midi.
Voltaire, Dict. philosophique, Secte, I.
2 Spécialt. cour. Groupe d'inspiration religieuse ou mystique dont les adeptes vivent en communauté, sous l'influence psychologique d'une ou plusieurs personnes. || Le problème de l'influence des sectes sur les jeunes. || Suicide collectif des membres d'une secte. || Le gourou d'une secte.
REM. Dans ce sens, on n'emploie pas sectateur, mais parfois l'adj. sectaire (→ Sectaire, II., 2.).
3 (1630). Vx. Ensemble de personnes qui professent une même doctrine. École (6.), philosophie (6. : philosophies antiques, médiévales).
Mod., péj. Coterie, parti (supra cit. 31); → Épuration, cit. 1.
2 (…) à cette époque la propagande des sectes dissidentes, trotskistes, syndicalistes, révolutionnaires ou anarchistes, qui ne me touchait que faiblement ou pas du tout, ne diminuait en rien le prestige des grands partis (). Ces sectes pullulaient et se déchiraient entre elles, mais chacune ne groupait qu'une poignée d'hommes.
Raymond Abellio, les Militants, t. II, p. 62.
3 Bien que l'art ne soit pas une religion, la secte obéit, comme les créateurs, à la définition même de la foi : « adhésion totale du cœur et de l'esprit ».
Malraux, l'Homme précaire et la Littérature, p. 266.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • Secte — (v. lat.), 1) Gesellschaft Menschen, welche in gewissen Lehren u. Meinungen von Andern abweicht; 2) bes. eine religiöse Gesellschaft, welche sich solcher abweichenden Meinungen halber von der od. den im Staate anerkannten Religionsgenossen trennt …   Pierer's Universal-Lexikon

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  • secte — (sè kt ) s. f. 1°   Ensemble de personnes qui font profession d une même doctrine. •   Si elle me fait être de quelque secte, ce ne sera pas de celle qui maintient que la douleur n est point un mal, et que le sage est toujours heureux, VOIT. Lett …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • SECTE — SECTION PREMIÈRE.     Toute secte, en quelque genre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l erreur. Scotistes, thomistes, réaux, nominaux, papistes, calvinistes, molinistes, jansénistes, ne sont que des noms de guerre.     Il n y a …   Dictionnaire philosophique de Voltaire

  • SECTE — s. f. coll. Il se dit de Plusieurs personnes qui suivent les mêmes opinions, qui font profession d une même doctrine. La secte d Épicure. La secte des stoïciens. Faire une secte. Faire secte. Il n est pas de cette secte.   Il se dit aussi, en… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

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